36 000 ans d’art moderne, de Chauvet à Picasso, CE SOIR dimanche à 17 h 35 sur Arte

« Pourquoi l’art paléolithique, où dominent les représentations animalières, a-t-il tellement fasciné les avant-gardes surréalistes ou abstraites ? Cette énigme est au cœur d’une grande exposition au Centre Pompidou à Paris (« Préhistoire, une énigme moderne ») qui, pour la première fois, expose la multiplicité des liens entre les œuvres de la préhistoire et celles du XXe siècle.

Dans ce documentaire, Manuelle Blanc rappelle que la découverte en 1879 de la splendeur de l’art pariétal, dans la grotte d’Altamira en Espagne, accueillie d’abord par des scientifiques incrédules, est concomitante de la naissance de l’art moderne. Après la boucherie de 1914-1918, celui-ci ira puiser à cette source primitive comme à une fontaine de jouvence.

Soulages et le noir des cavernes

À travers plusieurs exemples, les commissaires de l’exposition, Cécile Debray et Rémi Labrusse, le philosophe Jean-Paul Jouary et Carole Fritz, spécialiste de la préhistoire, détaillent les ressorts de cette fascination. C’est Picasso qui recycle dans ses œuvres les formes hypersexuées de la Vénus de Lespugue. De Staël qui se couche fasciné sous les bisons peints au plafond d’Altamira. Miró qui, durant la Seconde Guerre mondiale, reprend dans ses Constellations des signes abstraits des grottes relevés par l’abbé Breuil.

La préhistoire, source vive de l’art moderne

Le peintre et sculpteur Penck, si aimanté par la préhistoire, qu’il s’est donné pour pseudo le nom d’un archéologue. Soulages, le peintre de l’outrenoir, fasciné par les dessins au charbon dans l’obscurité des cavernes… Croisant les œuvres par-delà les millénaires, le film montre l’intensité de ce dialogue, dont les signes les plus fraternels sont toutes les empreintes de main ayant refleuri partout dans l’art moderne.

Des créateurs contemporains témoignent aussi : Raphaël Dallaporta, qui a photographié les parois de Chauvet, Giuseppe Penone, fasciné par les empreintes corporelles, Miquel Barceló, peintre d’animaux fantastiques dans des fresques à l’argile et d’un plafond hérissé de stalactites (pour l’ONU). Même le street art ne cesse de lorgner du côté de la préhistoire ! »

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